Apr 8, 2020

Les limites de chez soi


                  Il découvrit un matin
                  Sortant d'ici
                  Rentrant d'là-bas
                  Que les distances
                  D'ici à là
                  Allant du Si au La
                  Le ramenait par-ici
                  Et qu'tout c'la
                  Ne tournait pas rond

                  - Nalo Souleyman -

Apr 7, 2020

L'inconnue du Blog


Le rendez-vous était pour 11 heure au Café Mancel, à l'angle des rues Trouillard et Froussard, face à la Librairie Bavard.

Notre correspondance avait commencé à l'automne, au lendemain du vernissage de l'exposition ''Marée Basse''. 

Ayant du mal à trouver la salle, située au rez-de-chaussée de la Médiathèque, elle avait appelé le numéro de contact figurant sur l'invitation.
De permanence ce samedi-là, j'avais pris soin de lui indiquer le chemin menant au petit parking réservé au personnel et de l'y attendre.


Sa visite avait duré près d'une heure. Elle avait de nombreuses questions sur les boîtiers, les films et types de papiers utilisés pour les tirages, sur le choix du thème et les moments de prises de vues. Au fil de la conversation, elle m'avoua connaître mon travail photographique et être une assidue des parutions sur le blog, depuis quelques mois déjà. C'est ainsi que, sans hésitation, elle avait parcouru plus de 180 kilomètres pour voir ces images en grand format. 


Pour le week end, elle avait fait une réservation en chambres d'hôtes à Cauville-sur-Mer  et en profiterait pour découvrir ce coin de Normandie jusque-là inconnu. 

Voir Etretat et ses falaises était sa priorité. Suivraient, selon la météo, Yport puis Fécamp.

Quel âge pouvait-elle bien avoir ? 

Je me retins de poser la question. Elle semblait posséder une grande connaissance de l'histoire de la photographie américaine et de ses procédés manuels, semblait avoir parcouru de nombreuses régions du globe dont elle faisait mention avec une certaine aisance.

La grande vague de visiteurs commençait à affluer, je dus m'excuser la laissant continuer seule son tour des oeuvres.


En pleine conversation philosophique avec la peintre Cheryl Williams, grande fan d'images monochromes, deux petits coups tapotés à l'épaule me firent sursauter.


'' Pourriez-vous m'accorder quelques instants pour d'autres questions, demain dimanche, avant que je ne reprenne la route ? ''  me demanda-t-elle avec un large sourire.

Nous étions donc dimanche, je l'attendais au Café Mancel, à l'angle des rues Trouillard et Froussard, face à la Librairie Bavard.

- Nalo Souleyman -

Apr 5, 2020

Rue du Presbytère


C'était dimanche. Et, comme tous les dimanches après la traite des vaches, il s'en allait vers midi, remontant la Rue du Presbytère.

Mais ce dimanche-là, premier dimanche du mois d'avril, il était accompagné d'Albert et Gontran. Annette, Gertrude et Madeleine, les femmes, les rejoindraient plus tard.

Sous un soleil accablant, par un ciel sans nuages, tous avaient revêtu leurs...

- Nalo Souleyman - 

Apr 2, 2020

Gagu ou Le Gala Annuel des Gens Utiles


Lame d'Acier et Stylo Plume se rencontrèrent au dîner du Gala Annuel des Gens Utiles.

L'un fut à l'honneur pour avoir assemblé avec finesse et délicatesse, les multiples ingrédients nécessaires au banquet. L'autre était honoré pour l'élaboration de la liste des convives de choix.

Pour la remise des trophées, Lame d'Acier rappela :
'' De par ma nature et mon aspect, assemblage précieux de bois et métal, avec précision et rapidité, entre les mains de Grands Chefs, je... ''

Lui succédèrent au micro, Sac à Main et Verre à Pied qui, ne tarirent point d'éloges sur leur indispensable utilité.

Vint le tour de Stylo Plume :
'' Mon aspect et mon allure sont aux contextes adaptés. Je me revêts d'or, de diamants et de pierres lunaires. Entre les mains d'Illustres Ecrivains, je... ''

Feuille Blanche, Maîtresse de Cérémonie de ce 31e Gala Annuel des Gens Utiles clôtura la soirée, remerciant tous les récipiendaires de leur présence et de leur indispensable utilité, les exhortant chaleureusement à poursuivre l'humilité des Grands Hommes.

- Nalo Souleyman -

Mar 25, 2020

The song she sung


Ils s'étaient rencontrés au deuxième soir du dernier festival tenu au Jardin des plantes de Montauban. Ils avaient, très précisément, partagé les coulisses le temps d'un :
''Bravo, c'était magique !!''.

Elle était en tournée avec son trio habituel.
Lui, faisait un remplacement de pianiste au sein d'un groupe local.

Toute la durée de son set à elle, pendant un peu plus de 45 minutes, il s'était laissé happer par la chaleur et l'assurance de sa voix. Elle naviguait d'un thème à l'autre avec une aisance fluide et désinvolte. Durant toute la performance, il avait prêté grande attention au soutien du pianiste, à la richesse de leurs échanges et à la simplicité presque naïve de leurs nuances.

Là, dans la pénombre des coulisses, tout s'éclaircissait. Il lui fallait une chanteuse d'une telle...

C'était maintenant son tour à lui de rejoindre la scène avec cette formation dont il remplaçait le pianiste, indisponible ce deuxième soir de festival.

Bien plus tard, au grand repas du soir, à la grande tablée des musiciens, ils se retrouvèrent assis l'un face à l'autre. 
Avec enthousiasme, il lui redit son admiration pour sa prestation, son élégance sur scène et la finesse de jeu de ses accompagnateurs.

Un peu confuse, mais avec un large sourire et d'un geste de la main, elle l'interrompit, lui posant cette question :

''Seriez-vous...

- Nalo Souleyman -



 

Mar 14, 2020

Strings for 88 keys


                  A son timbre
                  Se devine
                  Son allure
                  Sa ligne
                  Et ses courbes

                  - Nalo Souleyman -

Mar 4, 2020

Chasing the light


                              Sous un pied du pilier
                              Par pointillés réguliers
                              L'écho de son ombre
                              Fait éclat en façade

                              - Nalo Souleyman -

Feb 27, 2020

Promenade en Berry


                        Pour eux tout se fit
                        Le long d'un canal
                        Encore dans son lit
                        Le choix d'un portail
                        Ouvert sur la vie

                        - Nalo Souleyman -

Feb 20, 2020

The last part


                     Au travers
                     De ses plateaux creux
                     S'échappe le souffle argenté
                     De cet air
                     Qui dit mieux
                     L'éclat d'une mélodie apaisée

                     - Nalo Souleyman -

Feb 12, 2020

Hard blowing



                    Temps de pause
                    Près de lui
                    Il la pose
                    Sans étui
                    Elle repose

                    - Nalo Souleyman -

Feb 5, 2020

Mer amère


                          Elle s'est avancée
                          Comme chaque année
                          De quelques centimètres

                          Craignant sa portée
                          Ils se sont postés
                          En blocs de pierre

                          - Nalo Souleyman -

Dec 15, 2019

Catching the Blues



12h15 venait de sonner, c'était la fin de la séance.

Comme tous les samedis, Ruth reprendrait son train pour Paris à 12h45.
Nul temps pour s'étendre sur des questions. La consigne était précise : écrire un Blues de 12 mesures en Si  b pour une petite formation.

Mon choix s'était naturellement porté sur le trio du moment : Saxophone, Contrebasse et Piano. En guise de diversion, je prévoyais une subtile modulation aux mesures 7 et 8. 

N'était-ce pas...

- Nalo Souleyman -

Dec 2, 2019

In the woods


                           Entre terre et mer
                           Loin des grands attraits
                           Sous l'immense forêt
                           Elle lit des vers

                           Quand tout s'endort
                           Ô Fée Grain d'Or

                           - Nalo Souleyman -

Nov 24, 2019

The Magic Box



'' Il dirige le Big Band de Vieux Québec, et moi, une Compagnie de Danse Contemporaine. Nous serions ravis d'avoir une de tes pièces à notre répertoire '', 
me dit-elle toute enjouée.


Le mystère des rencontres !

J'avais fait sa connaissance quelques mois auparavant : Elorac de Verdun, photographe et poète canadienne versée dans l'art japonais du Haiku. Cela faisait plusieurs semaines que nous échangions de courts textes sur nos productions photographiques respectives.



Un jour que je reçus d'elle une saisissante vue champêtre avec perspective ouvrant sur les bois aux alentours de sa maison, je fus profondément ému par la quiétude et la beauté des lieux.

Je lui répondis presque aussitôt par un poème en vers.

Toujours à son ordinateur, elle rajouta :

- Tu devrais le continuer, ce poème. Il ferait une très belle chanson.
- Ah, Ah, une chanson ! Qu'en ferais-tu ? lui demandai-je presque moqueur.


C'est alors qu'elle me révéla que, son compagnon guitariste dirigeait le Big Band de Vieux Québec, et qu'elle-même, en plus de la photographie et de l'écriture, se passionnait de chorégraphie et de danse contemporaine au sein d'une compagnie. 
Oui, qu'ils seraient enchantés d'avoir une oeuvre de moi à leur répertoire.



Je vous laisse imaginer mon émotion car, allant de surprises en découvertes, je lui avouai en retour, qu'il m'arrivait en plus de la photographie et de l'écriture, de m'installer au piano pour le plaisir.



Ce jour-là marqua le début d'une longue collaboration qui allait m'amener à...



- Nalo Souleyman -


Nov 17, 2019

Wow, quel cirque !


C'étaient, encore des vacances, deux semaines de vacances.

Ëlle Lomar m'accordait cinq jours dans son magnifique cadre de l'Hérault. 
Le programme était fait du lundi au vendredi après quoi, elle irait le rejoindre à Grabels.

L'après-midi de mon arrivée, je me retrouvai au Moulin de La Fous (prononcé La Fousse), puis au Lac de Cécélès : deux sites magiques où l'eau prend respectivement les tons or et vert émeraude.

Le plus captivant fut cet autre matin.
Christine nous avait rejoint. Elle nous servirait de guide pour le périple allant de St Gély du Fesc à La Couvertoirade.

Nous arrivions sur un petit parking situé à quelques mètres d'altitude, une fine pluie commençait à tomber. Une grande bâtisse constituée : d'un passage souterrain dans la roche surmonté d'une imposante structure en bois, nous accueillait.
Une fois contournée... splendeur.
Wow, quel cirque ! On y descendrait presque en nacelle.

Nous étions littéralement les trois seuls visiteurs, à cette première heure du jour. 
Il nous faut maintenant voir Le Vénérable, annonçait Christine.

Je n'étais pas au bout de mon émerveillement.
Il y avait-il vue plus majestueuse que ce Cirque de Navacelles ?

J'étais...

- Nalo Souleyman -